Du bien-fondé de la marche

J’aime et craint les longues promenades solitaires

bercées par le rythme énergique ou contemplatif de la marche.

Serfaus - Autriche

Elles sont des passerelles fragiles entre le rêve et le réel.

Si belles, si belles et vaines.

Elles sont fenêtres ouvertes

volets battants au gré des interrogations.

Quand je marche,

je pense et crois savoir

et faire les bons choix

Serfaus

Mes pensées s’ordonnent

se font limpides,

puis,

au détour d’un nuage

 se brouillent, se confondent.

Les longues promenades solitaires

belles

belles

laissent trop de place….

serfaus

La brume

“C’est l’incertidude qui nous charme, tout devient merveilleux dans la brume”

Oscar Wilde

.

Nos pas glissent de coton ouaté

chemin familier

cent fois arpenté

aux contours incertains

sans aspérités.

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Rythme de brumes molles

nuages

vapeurs

là ou tout se dissout et se mêle.

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Abordant les sentes escarpées

il marche vers la lumière

imprévisible, incompris.

.

Et moi je le suis,

plus haut, encore plus haut.

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Là ou le ciel se dévoile

Le volcan Lonquimay – Chili –

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D’abord

c’est du sable noir,

meuble et lourd.

les pas se font pesants avant même de s’élancer

.

Puis il y a la cendre

la maudite

impalpable étouffante

.

c’est un pari

une gageure

un défi

.

DSCN0554Puis

les scories

les plantes rares

les pierres de laves noires et ces éclats de feu

qui murmurent

“avance, avance

c’est au-delà de nous que tu trouveras..”

.

Alors continuer

oui

sans hésitations

obstinée, ébêtée

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oui

les yeux brûlants

le souffle court

les idées restreintes

“avancer, avancer”

puisque rien d’autre n’a d’importance

DSCN0605ne restent que quelques mètres………

envie de pleurer

d’abandonner

et ce hurlement

“jamais, jamais”

.

“jamais”

voilà,

c’est le sommet

il n’y a rien

rien de plus

que ce cratère vide

et le bonheur immense

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infini

que cherchais-tu mon âme a escalader les montagnes ?

 

.

qu’as -tu trouvé tout là-haut

dans ce monde de pierres et d’herbes rares ?

.

dis, qu’as-tu trouvé ?

.

.

.

“j’ai respiré plus fort, plus vrai

j’ai senti le souffle passer

j’ai touché du bout des lèvres l’unicité

et mon coeur s’est fait léger, léger”

.

Au dessus des nuages

Nous avons pris  le chemin de la vallée,

plat, humide et cotonneux

et l’avons suivi

longtemps.

Longtemps

nos pas ont épousé la courbe de la colline

jusqu’à sortir de la brume

en plein soleil.

Là-haut,

nos pensées légères

heureuses et prêtes à s’envoler,

gardaient toutefois,

ce soupçon de compassion pour ceux qui étaient restés en bas……

Ah, ne plus redescendre !

nier l’hiver qui vient,

demeurer dans cette lumière orange………..

jour d’automne dans l’Alpstein

Encore une dernière fois

avant que l’hiver ne vienne

monter tout la-haut

seule et forte

invulnérable de ce bonheur-là

……Ils étaient là.

indifférents à ma curiosité

impassibles et souverains

J’ai salué chaque dentelle de pierre

chaque brin d’herbe

heureuse jusqu’à la déraison

C’était ma tournée d’adieu,

car, demain,

je pars……

je serais absente 3 semaines

loin des montagnes, des bouquetins, du quotidien…

A bientôt

Montée au Säntis


Rougeoyant au soleil couchant

escamoté de brumes

de pierres dures et âpre

ou blanchi de neige nouvelle

je sais qu’il est là

juste sous mes fenêtres

même si je ne le vois pas

il est là


Ce matin de dimanche

prendre grand souffle

et grand courage

pour monter tout là-haut

Merveille des merveilles

le souffle court

le regard large

fierté et stupeur mêlées