Bleu

A trop longtemps observer le bleu

à le chercher intensément

encore

et encore plus

derrière chaque porte

chaque regard

à traquer sa lumière

passionnément

dans chaque vague

chaque ruelle ombreuse.

A tellement poursuivre ce bleu

insaisissable et permanent

 j’ai oublié les heures

et le temps

et l’échéance

Ne reste que cette vibration

Retour de Grèce

C’était un rêve haut et ancien qu’aujourd’hui maltraita.

Les rêves ne devraient pas se conjuguer au présent,

ils sont si fragiles!

C’était un souvenir, porté par les années,

les souvenirs sont menteurs, leurs couleurs sont trop vives.

C’etait une ville aimée, amie, connue,

jamais oubliée

qui perdit  sa lumière quand je la retrouvais.

Pays tant aimé,

que s’est-il passé, quels drames, quelles épreuves pour qu’aujourd’hui tu m’aies semblé si triste !

Tristes et sales les murs de tes rues,

éteintes les musiques,

et les sourires absents.

Restent pourtant les splendeurs figées de tes ruines et de tes musées,

fortes, inaltérables

définitivement belles

les yeux vides grands ouverts sur ton désastre.


Partir

“Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent
Pour partir ; cœurs légers, semblables aux ballons,
De leur fatalité jamais ils ne s’écartent,
Et sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons !”

 

Partir, pour partir…

 

Je pars,

pour Athènes,

encore et toujours Athènes,

ville connue, reconnue, toujours renouvelée

toujours offerte à ma curiosité.

Ville-mère.


 

…ses pierres,

majestueuses et bafouées,

…sa musique, ses couleurs que j’aime tant


 

Je pars, ” coeur léger”

poursuivre ce rêve de Méditérannée.

 

 

Ô Mort, vieux capitaine, il est temps ! levons l’ancre !
Ce pays nous ennuie, ô Mort ! Appareillons !
Si le ciel et la mer sont noirs comme de l’encre,
Nos cœurs que tu connais sont remplis de rayons !

Verse-nous ton poison pour qu’il nous réconforte !
Nous voulons, tant ce feu nous brûle le cerveau,
Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu’importe ?
Au fond de l’Inconnu pour trouver du nouveau

Charles Baudelaire – Le voyage (extraits)