Sentinelles

Sentinelles,

vaillants petits soldats de pierre,

déposés là,

solides et branlants…

Sentinelles

protégez nos regards et nos souffles,

Petites gardes rapprochées,

faites rempart à l’illusion et aux mensonges

accordez du répit aux journées galopantes.

Sentinelles de nos jours qui veillez sur nos amours,

impassibles  et de pierres

dans le torrent des jours.

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Respirations vertes

Romance Sonámbulo

Federico Garcia Lorca

« Verde que te quiero verde.
Verde viento. Verdes ramas.
El barco sobre la mar
y el caballo en la montaña.

Con la sombra en la cintura
ella sueña en su baranda,
verde carne, pelo verde,
con ojos de fría plata. »

Vert et je te veux vert.
Vent vert. Vertes branches.
Le bateau sur la mer,
le cheval dans la montagne.


L’ombre autour de la ceinture,
elle rêve à son balcon,
chair verte, verts cheveux
avec des yeux d’argent froid.

La Sitter près de St Gallen

Me reviennent ces vers que j’ai tant aimés,

jamais oubliés, bien rangés au fond de ma mémoire…

Depuis tant d’années rejaillissent avec ferveur,

quand nos pas nous portent le long des rivières lentes.

Oh mon amour aux yeux d’eaux tranquilles !

tes mots verts apaisent la colère ancienne,

tes gestes d’émeraude me rassurent et me bercent.

Tu sais la couleur des ombres et le frémissement du vent sur les fleurs,

tu sais l’équilibre fragile,

le tout petit détail grandiose,

………….

……….comme moi,

comme moi.

Amours d’eau

Rheinfall - Chutes du Rhin à Schaffausen

sommes-nous l’eau furieuse figées de tant de gouttes

sommes-nous le courant violent, bruyant, impérieux ?

sommes-nous l’étendue calme, qui verdoie ?

Tu es la vague

Je suis la mousse douce et glissante

un peu traitresse

tu es la vague

tu es la force

je suis l’inertie

ou peut-être est-ce le contraire.

Sommes-nous la chute mon amour

sommes nous le fleuve imperturbable et lent ?

L’un pour l’autre port et horizon

embarcation fragile et île d’or.

C’est à Hambourg….au ciel de pluie

……… »C’est à Hambourg, au ciel de pluie
Qu’il a posé ses mains sur moi
Et qu’il m’a fait crier de joie
En me serrant fort contre lui
M’a dit « je t’aime! » à plus finir
« Laisse donc là tous tes marins!
Laisse donc la mer, et puis viens!
Moi, j’ai du bonheur à t’offrir… »

et puis encore

..…….. »Ils boivent à la santé
Des putains d’Amsterdam
De Hambourg ou d’ailleurs
Enfin ils boivent aux dames »………

……..avec les chansons d’hier

Piaf, Brel……..

j’ai souhaité ardemment ce port.

J’ai flané sur ses quais

j’ai subi les assaut de ses  airs marins

Tout était là

plus beau encore que dans ma tête

Exactement telle que je la pensais

ville-port

ouverte

mystérieuse,

riche et austère

étrangère et intime.


« ……….C’est à Hambourg, au ciel de pluie
Dans les bastringues à matelots
Que je trimballe encore ma peau
Les bras ouverts à l’infini…
Car moi je suis comme la mer,
J’ai le coeur trop grand pour un seul gars
J’ai le coeur trop grand et c’est pour ça
… »

………et oui………….

A Venise 2

Tu brilles

te délites

de reflets en murmures

insaisissable

belle et en partance

Caricature

« commedia, commedia…… »

Tu brilles et te délites.

 

7 fois

chiffre sacré

7 fois vers toi mes pas attirés

7 fois

fascination intacte

décor morbide

esthétique

romantique

haïs et aimé pour ce qu’il est …..

 

Venise, ma ville-miroir !

Tu brilles et te délites..

Sur les Zattere

la mer s’ouvre……

et entraîne,

oh, ma fugace,

vers le large tes oripeaux.