Le Foehn

Le Foehn souffle du Sud

il descend la montagne et apporte le temps doux

et apporte la folie

on dit qu’il rend fou

ou fiévreux

ou méchant

Le Foehn se moque de l’hiver.

Il isole  mon village au dessus des nuages

petite île verte et tiède

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Je marche sur la ligne de crête

le vent doux s’affole dans mes cheveux

et je ne sais plus

du vent

ou de mon âme

qui fait le plus de tapage

 

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De l’art de contrarier le temps qui passe

 

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Si,

chaque année

je monte

tout en haut de ma montagne……..

 

 

Sûr que je conjure le temps

et les années sournoises !

Car il est long et difficile le chemin qui monte 

tout là-haut

 

oh Faust !

jouvence !

en montant si haut,

j’évite soigneusement les lieux qui nous ont vu ensembles

les villes les rivières et toutes les herbes bleues

j’oublie les ans accumulés 

les chagrins

les erreurs

et je suis fière de moi l’espace d’un instant

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La brume

“C’est l’incertidude qui nous charme, tout devient merveilleux dans la brume”

Oscar Wilde

.

Nos pas glissent de coton ouaté

chemin familier

cent fois arpenté

aux contours incertains

sans aspérités.

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Rythme de brumes molles

nuages

vapeurs

là ou tout se dissout et se mêle.

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Abordant les sentes escarpées

il marche vers la lumière

imprévisible, incompris.

.

Et moi je le suis,

plus haut, encore plus haut.

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Là ou le ciel se dévoile

Fronleichname en Appenzell

          Elles marchent comme des reines

sûres d’elles,

de leur beau costume,

de leur coiffe superbe.

Elles sont d’ici

comme l’étaient avant elles leur mère

et les mères de leurs mères.

Leur ferveur me touche et m’épouvante

je voudrais, l’espace d’un moment

parler comme elles

penser comme elles

être des leurs,

marcher, enfin, au même pas.

J’ai presque envie de pleurer,

 étrangère, étrangère………

c’est ridicule, le soleil est si clair…

les dentelles, les chapelets, les lourds bijoux d’argent, tous semblables, la ferveur

qu’est ce que je sais de ça !

le soleil est si clair en ce jour de Fête-Dieu

la montagne, les prairies et toutes les rivières me chuchotent tout bas

Fronleichname en Appenzell

esquisse à l’encre – MB

” tu es ici chez toi, tu es ici chez toi….”

.

Fronleichname en Appenzellerland

esquisse encre sur papier – Marie B

Certainement

Et même si le courant m’entraine au loin

à en perdre pied et souffle

quand je regarderais vers l’ouest

je te verrai

j’entendrais tes mots

ressentirais ta douceur.

Et même si le quotidien et ses leurres

forcent mes pas

je regarderais vers toi

longtemps, longtemps

mon étoile froide, presque éteinte

tellement vivante, tellement aimante.

Tu seras là

ou le soleil se couche

tu m’attendras

par-delà les erreurs.

Et si le froid ne revenait pas

Alors je rêve

j’aime déraisonner.

L’été ne finira  jamais,

jamais,

toujours

encore,

des taches de bleus, une lumière si claire, si franche…..

Alors je rêve

je triche un peu

je saute , je bondis par delà la route qui se perd

je me moque des nuages pommelés annonciateurs de je ne sais quel hiver

et je jette

en dansant

les bleus sur la toile offerte.

Huile sur toile - Marie. Bötschi

Au dessus des nuages

Nous avons pris  le chemin de la vallée,

plat, humide et cotonneux

et l’avons suivi

longtemps.

Longtemps

nos pas ont épousé la courbe de la colline

jusqu’à sortir de la brume

en plein soleil.

Là-haut,

nos pensées légères

heureuses et prêtes à s’envoler,

gardaient toutefois,

ce soupçon de compassion pour ceux qui étaient restés en bas……

Ah, ne plus redescendre !

nier l’hiver qui vient,

demeurer dans cette lumière orange………..

jour d’automne dans l’Alpstein

Encore une dernière fois

avant que l’hiver ne vienne

monter tout la-haut

seule et forte

invulnérable de ce bonheur-là

……Ils étaient là.

indifférents à ma curiosité

impassibles et souverains

J’ai salué chaque dentelle de pierre

chaque brin d’herbe

heureuse jusqu’à la déraison

C’était ma tournée d’adieu,

car, demain,

je pars……

je serais absente 3 semaines

loin des montagnes, des bouquetins, du quotidien…

A bientôt

L’automne en Appenzell

Je suis arrivée un jour

presque par hasard

dans un petit pays vert

ou le temps s’arrête parfois

et j’y suis restée

A l’automne,

dans chaque village,

on fête les plus beaux troupeaux


rien ne bouge

c’est paisible, immuable

chacun semble être à sa place

comme y étais son père avant lui

avec les années

je ressens presque un sentiment d’appartenance

à ce monde figé

et je respire plus haut

plus juste

PS : Incroyable …un appareil -photo éloigne les gens, fait peur et met mal à l’aise

                                 une crayon, un bloc, quelques couleurs attirent tels des aimants et provoquent la sympathie immédiate…………