Sentinelles

Sentinelles,

vaillants petits soldats de pierre,

déposés là,

solides et branlants…

Sentinelles

protégez nos regards et nos souffles,

Petites gardes rapprochées,

faites rempart à l’illusion et aux mensonges

accordez du répit aux journées galopantes.

Sentinelles de nos jours qui veillez sur nos amours,

impassibles  et de pierres

dans le torrent des jours.

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Respirations vertes

Romance Sonámbulo

Federico Garcia Lorca

“Verde que te quiero verde.
Verde viento. Verdes ramas.
El barco sobre la mar
y el caballo en la montaña.

Con la sombra en la cintura
ella sueña en su baranda,
verde carne, pelo verde,
con ojos de fría plata.”

Vert et je te veux vert.
Vent vert. Vertes branches.
Le bateau sur la mer,
le cheval dans la montagne.


L’ombre autour de la ceinture,
elle rêve à son balcon,
chair verte, verts cheveux
avec des yeux d’argent froid.

La Sitter près de St Gallen

Me reviennent ces vers que j’ai tant aimés,

jamais oubliés, bien rangés au fond de ma mémoire…

Depuis tant d’années rejaillissent avec ferveur,

quand nos pas nous portent le long des rivières lentes.

Oh mon amour aux yeux d’eaux tranquilles !

tes mots verts apaisent la colère ancienne,

tes gestes d’émeraude me rassurent et me bercent.

Tu sais la couleur des ombres et le frémissement du vent sur les fleurs,

tu sais l’équilibre fragile,

le tout petit détail grandiose,

………….

……….comme moi,

comme moi.

Antonio Machado

.……….. le chemin…….

Caminante

Caminante, son tus huellas
el camino, y nada más;
caminante, no hay camino,
se hace camino al andar.
Al andar se hace camino,
y al volver la vista atrás
se ve la senda que nunca
se ha de pisar.
Caminante, no hay camino,
sino estelas en la mar.

Marcheur, ce sont tes traces

ce chemin, et rien de plus ;

Marcheur, il n’y a pas de chemin,

Le chemin se construit en marchant.

En marchant se construit le chemin,

Et en regardant en arrière

On voit la sente que jamais

On ne foulera à nouveau.

Marcheur, il n’y a pas de chemin,

Seulement des sillages sur la mer.

La nuit

C’est la nuit que tout se complique.

La nuit

les chemins s’égarent

les ponts se disloquent

Huile sur toile - Marie. B

Le jour

lui

est intègre.

Il protège de sa clarté mensongère

imprime son rythme

de passion ou d’ennui

peu importe,

les lignes sont claires, distinctes et engageantes.

Mais la nuit…………

la nuit………

mots fertiles

La terre était chaude

                   nous nous sommes assis

attentifs et complices,

préoccupés du nom des fleurs, des arbres et des nuages,

                    nous nous sommes assis

juste au centre

ou palpite la vie.

“Je t’aime contre tout ce qui n’est qu’illusion
Pour ce coeur immortel que je ne détiens pas
Tu crois être le doute et tu n’es que raison
Tu es le grand soleil qui me monte à la tête
Quand je suis sûr de moi.”

Paul Eluard

Partir

“Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent
Pour partir ; cœurs légers, semblables aux ballons,
De leur fatalité jamais ils ne s’écartent,
Et sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons !”

 

Partir, pour partir…

 

Je pars,

pour Athènes,

encore et toujours Athènes,

ville connue, reconnue, toujours renouvelée

toujours offerte à ma curiosité.

Ville-mère.


 

…ses pierres,

majestueuses et bafouées,

…sa musique, ses couleurs que j’aime tant


 

Je pars, ” coeur léger”

poursuivre ce rêve de Méditérannée.

 

 

Ô Mort, vieux capitaine, il est temps ! levons l’ancre !
Ce pays nous ennuie, ô Mort ! Appareillons !
Si le ciel et la mer sont noirs comme de l’encre,
Nos cœurs que tu connais sont remplis de rayons !

Verse-nous ton poison pour qu’il nous réconforte !
Nous voulons, tant ce feu nous brûle le cerveau,
Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu’importe ?
Au fond de l’Inconnu pour trouver du nouveau

Charles Baudelaire – Le voyage (extraits)