Le Foehn

Le Foehn souffle du Sud

il descend la montagne et apporte le temps doux

et apporte la folie

on dit qu’il rend fou

ou fiévreux

ou méchant

Le Foehn se moque de l’hiver.

Il isole  mon village au dessus des nuages

petite île verte et tiède

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Je marche sur la ligne de crête

le vent doux s’affole dans mes cheveux

et je ne sais plus

du vent

ou de mon âme

qui fait le plus de tapage

 

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De l’art de contrarier le temps qui passe

 

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Si,

chaque année

je monte

tout en haut de ma montagne……..

 

 

Sûr que je conjure le temps

et les années sournoises !

Car il est long et difficile le chemin qui monte 

tout là-haut

 

oh Faust !

jouvence !

en montant si haut,

j’évite soigneusement les lieux qui nous ont vu ensembles

les villes les rivières et toutes les herbes bleues

j’oublie les ans accumulés 

les chagrins

les erreurs

et je suis fière de moi l’espace d’un instant

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Du bien-fondé de la marche

J’aime et craint les longues promenades solitaires

bercées par le rythme énergique ou contemplatif de la marche.

Serfaus - Autriche

Elles sont des passerelles fragiles entre le rêve et le réel.

Si belles, si belles et vaines.

Elles sont fenêtres ouvertes

volets battants au gré des interrogations.

Quand je marche,

je pense et crois savoir

et faire les bons choix

Serfaus

Mes pensées s’ordonnent

se font limpides,

puis,

au détour d’un nuage

 se brouillent, se confondent.

Les longues promenades solitaires

belles

belles

laissent trop de place….

serfaus

Dans le désert d’Oman

Un désert

tellel l’image parfaite d’une austère

et ancienne splendeur vacille et vibre

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Et le chemin de craie qui serpente et se noie

nous éloigne lentement

nous ramène sans fin

et nous éloigne encore

saupoudré de regrets

éperdus et anxieux

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Puis,

sans hâte,

nous retrouve enfin .

Sous les palmes bleues de l’oasis rêvée

se blottissent peut-être nos attentes conniventes.

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Alors,

par delà les abîmes et les pierres glissantes

bien après la poussière

et le sel

il y a

je le sais

la source claire

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La brume

“C’est l’incertidude qui nous charme, tout devient merveilleux dans la brume”

Oscar Wilde

.

Nos pas glissent de coton ouaté

chemin familier

cent fois arpenté

aux contours incertains

sans aspérités.

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Rythme de brumes molles

nuages

vapeurs

là ou tout se dissout et se mêle.

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Abordant les sentes escarpées

il marche vers la lumière

imprévisible, incompris.

.

Et moi je le suis,

plus haut, encore plus haut.

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Là ou le ciel se dévoile

Le volcan Lonquimay – Chili –

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D’abord

c’est du sable noir,

meuble et lourd.

les pas se font pesants avant même de s’élancer

.

Puis il y a la cendre

la maudite

impalpable étouffante

.

c’est un pari

une gageure

un défi

.

DSCN0554Puis

les scories

les plantes rares

les pierres de laves noires et ces éclats de feu

qui murmurent

“avance, avance

c’est au-delà de nous que tu trouveras..”

.

Alors continuer

oui

sans hésitations

obstinée, ébêtée

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oui

les yeux brûlants

le souffle court

les idées restreintes

“avancer, avancer”

puisque rien d’autre n’a d’importance

DSCN0605ne restent que quelques mètres………

envie de pleurer

d’abandonner

et ce hurlement

“jamais, jamais”

.

“jamais”

voilà,

c’est le sommet

il n’y a rien

rien de plus

que ce cratère vide

et le bonheur immense

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infini

que cherchais-tu mon âme a escalader les montagnes ?

 

.

qu’as -tu trouvé tout là-haut

dans ce monde de pierres et d’herbes rares ?

.

dis, qu’as-tu trouvé ?

.

.

.

“j’ai respiré plus fort, plus vrai

j’ai senti le souffle passer

j’ai touché du bout des lèvres l’unicité

et mon coeur s’est fait léger, léger”

.

Antonio Machado

.……….. le chemin…….

Caminante

Caminante, son tus huellas
el camino, y nada más;
caminante, no hay camino,
se hace camino al andar.
Al andar se hace camino,
y al volver la vista atrás
se ve la senda que nunca
se ha de pisar.
Caminante, no hay camino,
sino estelas en la mar.

Marcheur, ce sont tes traces

ce chemin, et rien de plus ;

Marcheur, il n’y a pas de chemin,

Le chemin se construit en marchant.

En marchant se construit le chemin,

Et en regardant en arrière

On voit la sente que jamais

On ne foulera à nouveau.

Marcheur, il n’y a pas de chemin,

Seulement des sillages sur la mer.