Sur le fleuve Irrawaddy

Le “Paukan 1947” vieux bateau rutilant,

glisse,

et toutes les impatiences sont vaines

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Le fleuve,

large, chargé d’ocre sableuse

s’ouvre sur un temps immobile

et affirme, telle une évidence,

qu’il me faut apprendre la lenteur.

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Dans la lumière matinale, il semble s’élargir encore,

700 mètres d’étendue miroitante

avec juste

au delà de l’eau, la ligne hésitante d’un horizon plat

quand, parfois,

évitant les bancs de sable,

le bateau se rapproche de la rive,

je devine 3 piquets, une toile, abri sommaire de pêcheurs insaisissables,

et de loin me parviennent les rires des enfants

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Parlons d’amour

Parlons d’amour

puisqu’il est si difficile  de  penser

le silence

parlons d’amour comme on parle des pierres ou des chevaux

passionnément, sans âme…

pour faire honneur au festin de la vie

parlons d’amour comme on se noie,

Virginia,

des pierres dans les poches

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l’été triomphant 

titubant de  fraicheur

se prélasse à l’ ombres des mousses

et

sournoisement  laisse sonner sa corne de brume .

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Parle moi d’amour pour,

avant que ne vienne l’automne,

prolonger le rire insouciant.

Une rivière

C’est à l’aube fraiche

que j’irais à la rivière

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pour laver les chagrins et les malentendus

….

à la rivière  tendre de rosée

aux berges fleuries de colchiques

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j”irai seule

lévitante et apaisée

heureuse sans doute,

heureuse de cette lumière

de cette improbable fraicheur tendre

de ces couleurs, de ces reflets

j’irais

j’allais

emplie de rumeurs, de frôlements, de miroitements,

bonheur intense et fugace

IMG_5682puisque tout passe et s’efface

puisque seule demeure

cette fragile pensée

….être vivante, être vivante encore  aujourd’hui

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Sur le sentier des elfes

Les elfes et les feux-follets ont arpentés hier 

ces chemins d’ombre.

Ils se sont glissés sous les feuilles rousses,

ont somnolé sur la branche moussue.

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Mon soleil vert 

ma lumière polaire

tu marches derrière moi

et j’entends ton souffle

et  respire ton haleine tiède et parfumée.

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Les gnomes de la forêts nous font escorte

et ta confiance m’aveugle.

Tout est bien.

Ushuaïa

Au delà

il n’y a plus que les arbres, la mer froide et la montagne

au delà

il n’y a rien

que l’absolu

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Ushuaïa

au nom trompeur,

refuge  fragile avant la forêt, les marais, les glaciers,

tremplin du bout du monde,

miroir intime,

je te garde gravée au creux de mon poignet.

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Tu n’es ni l’escale, ni le but,

tu es ce bout du monde que l’on porte en silence,

 porte ouverte sur l’aride et mythique  Terre de Feu.

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Ushuaïa ville-rêve,

australe comme aucune

définitivement tournée vers l’absence.

La nuit,

je parcours tes ruelles,

je plane au-dessus de tes eaux

et  me noie dans ton canal sublime.

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vague noire

Ma fille,

mon enfant incontrôlable et fragile

ma brillante, ma savante

se perd.

Je ne peux rien que répéter les même mots,

de confiance

d’amour

mais.

………..

……

inutiles paroles quand le vent souffle fort

et que la vague impérieuse et funeste l’entraine vers le large.

Mon enfant, ma princesse

je suis triste

triste à pleurer

et incapable d’aider.

Ce soir

elle n’est  qu’un reflet lointain

qu’un pâle écho…

 

et sa peur et son angoisse sont dans mon lit.

La vague

“Homme libre, toujours tu chériras la mer!
La mer est ton miroir; tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer.”

Charles Baudelaire

La vague - Encre, aquarelle et gouache sur papier - Marie Bötschi

Encre, aquarelle et gouache sur papier – Marie Bötschi

Ressac insensé,

tourbillonnantes journées

égarées et heureuses….

Je perce les silences

solitaire à jamais

liée à tous les vents

insouciante et anxieuse,

C’est tant mieux

grâce aux dieux

si la ronde nous inonde……..

et vivons plus heureux