Le grand tour

Haute futaieIMG_2086

d’ombres saupoudrée

protectrice et  sans surprise

je te connais

je connais chacune de tes souches

je connais chaque sente

colorée

bruissante

IMG_2084

haute futaie du petit pays vert

qui

si bien

a su m’accueillir

je pars pour un temps

je reviendrais

pour sûr

IMG_2155

mais

avant l’hiver

je retourne à la mer

je refais encore une fois

le grand tour

mon sud

puis Paris

puis cet autre chez moi au milieu des bois

là ou vit ma famille que j’aime

puis encore

encore une fois

les vagues de l’océan

et les dunes

et les rochers

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13 thoughts on “Le grand tour

  1. Bonjour Marie. Pour être en plein accord avec tes somptueuses images, je t’adresse un petit passage de mon premier roman: “Les Dérivantes”

    “On était au début du bref été canadien de l’An de Grâce 1759, dans l’éblouissement du torrent de vie qui jaillissait de terre et s’exprimait par la croissance extraordinaire de la moindre plantule, des floraisons quasiment instantanées, l’éclatement miraculeux d’une feuillaison grasse et lourde qui ployait branches et rameaux jusqu’au sol.
    Le matin la forêt ruisselait de rosée, exhalait des tourbillons de buées chargés d’odeurs comme des essences essentielles de parfumeur: fumet lourd de l’humus qui laissait jusque sur les papilles le goût d’un vieux whisky « pure malt », fragrances mielleuses ou acidulées des fleurs, vapeurs de résines diverses entêtantes comme des alcools. Les rayons solaires dessinaient de grands pinceaux de lumière de leur écroulement entre les troncs et les branches. Rayons tantôt dorés, tantôt jaune très clair, jaune cadmium pâle aurait dit un peintre. Dans ces faisceaux lumineux, la Nature qui est un grand éclairagiste de scène, faisait tourner à l’infini, ployer et redéployer les volutes de la brume, fumées nébulisées. Elle faisait voltiger des myriades d’insectes bourdonnants, étinceler ailes et élytres dans leur rotation si rapide que l’œil n’arrive pas à la suivre et tous ces points brillants et mouvants paraissaient autant de planètes erratiques dans un univers doré. La Forêt chantait des flûtes des oiseaux, bourdonnait des stridences d’insectes ou sifflotait des cordes soyeuses de la brise, qui tantôt se levait, tantôt se calmait: bouffées d’harmonie d’une majestueuse partition.”

    Amitiés, Hervé

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