amours d’hiver

Joues en feu

mains glacées

s’émerveillant de l’empreinte de ses pas sur la neige,

des ombres bleues-mauves,

elle traverse l’hiver sans attente du printemps

yeux mi-clos sur l’ image qui déjà se brouille,

s’affirme à nouveau

à nouveau se dilue.


Elle traverse l’hiver

en oubliant déjà la couleur de ses yeux

et le son de sa voix

ne gardant aux creux des mains

que ce drôle de regard penché hautain et étonné

et épouse l’hiver en riant aux éclats

joues en feu

mains glacées

Photos Marie Bötschi


6 thoughts on “amours d’hiver

  1. Images fractales accompagnant le chaos
    Balade le long d’une mémoire d’hiver
    Et ne demeure qu’un regard penché, étonné suivi d’un rire fractal
    J’aime texte et photos.
    En aparté, je me demande bêtement s’il faut que l’amour divers cherche en automne ce que l’amour dit vert a été au printemps.
    Bonne journée.
    Bises.

  2. Il y a quelques jours, une amie m’a envoyé l’extrait d’un texte qui me ressemble semble-t-il d’après mon amie…Il est de Christian Bobin. Et en le relisant, j’ai eu envie de le partager avec toi. Il parle du givre et tu en parles aussi je crois…
    ” Plus céleste que les petits soldats d’or peints par les moines, mieux armé pour défendre l’invisible, était le givre qui, deux jours durant, a transfiguré les arbres du parc de la Verrerie. Avec la minutie d’une dentelière, il entrecroisait le vide et le plein, faisait s’ouvrir des fleurs de rien au coeur de l’air, saupoudrant de blanc les pointes de feuilles de houx sans toucher à leur vert, passant un doigt de lumière sur la blancheur cassante des branches – comme sur le bord d’un verre de cristal. Tout vibrait de pureté. Tout chantait en silence. Les icônes de givre ont été visibles deux jours. Au matin du troisième jour, elles commencèrent à fondre, découvrant dans leur effacement leur plus grande gloire. Mon plus beau cadeau de Noël ce serait qu’on m’amène devant un saule pleureur couvert de givre et qu’on me dise : ”Voilà, c’est pour toi.” Ensuite, je repartirais les mains vides, ébloui.

    Un poète rencontre toujours un poète plus grand qui lui arrache le coeur d’admiration. J’ai rencontré le givre. ”

    Voilà donc ces merveilleux mots qui méritaient de voyager parmi les amoureux du givre…Je t’embrasse.

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